Road trip dans les Rocheuses Canadiennes : un rêve devenu réalité

Le parfum du capuccino mélangé à l’air frais lorsque j’ouvre la fenêtre le matin pour aérer la maison me reconnecte cinq ans en arrière, à l’aube de l’automne, où, depuis six mois, je préparais notre voyage vers les Rocheuses Canadiennes.

Pourquoi pas plus tôt, plus tard, ou jamais? J’ai songé bien des fois à raconter l’histoire de cette aventure incroyable, mais devant la montagne de souvenirs (c’est bien le cas ici), je ne savais par où commencer, ni pourquoi le faire ici, sur mon blog censé discuter d’abord de cuisine.

Et puis avec le recul de ces deux dernières années dont je vous parlais dans mon article précédent, j’ai appris à faire les choses par envie, et plus par obligation (même si j’ai encore du travail là-dessus!). Ce voyage fait partie de moi, de ma vie et chaque voyageur sait combien les voyages nous changent, combien les expériences et les souvenirs valent tellement plus que des fringues de marque, une grosse voiture qui brille et le train-train quotidien. On voyage à travers l’espace, mais on voyage surtout à l’intérieur, on s’ouvre l’esprit, on part à l’aventure…

Et puis me direz-vous, je ne peux pas me fier qu’à mes souvenirs pour raconter un voyage qui a eu lieu il y a cinq ans. Ca c’est vrai, c’est bien pour cela que pour m’aider à travers mes voyages, je tiens toujours un cahier de bord, qui me sert à dater et trier mes photos en rentrant, et j’ai pris l’habitude et le plaisir de créer des livres photos complets de chaque voyage, mais aussi maintenant des années qui passent avec ma petite famille.

Alors pour retracer ce voyage en bon et due forme je vais ressortir mon Graal et vous conter notre beau voyage.

Il a été l’endroit dont j’ai toujours rêvé d’aller un jour, je ne pensais pas qu’il arriverait vraiment je l’avoue, et encore moins que mon conjoint rêverait lui aussi de visiter ce pays. C’est alors que nous avions entamé une bonne partie de la rénovation de notre première maison, deux années à travailler sans relâche dans nos emplois respectifs et sur notre logis, que nous avons pris la décision de programmer le voyage pour le Canada.

Les Rocheuses ont vite été notre choix, la beauté des paysages naturels dépassant de loin l’envie de visiter les grandes villes. Un premier jet était fait, il fallait encore peaufiner le voyage étape par étape, car le pays et ses régions sont tellement immenses qu’il aurait été très difficile d’atteindre nos objectifs (que d’ailleurs nous avions dû revoir à la baisse sur place aussi, pour ne pas passer tout notre temps sur la route).

C’est en allant au Canada que j’ai vu pour la première fois de ma vie des montagnes. Forcément, j’en ai pris plein les yeux, et les heures de marche silencieuses au contact de la nature à respirer le grand air m’ont reconnectée au présent. Ce voyage était un rêve pour moi, et quand je ferme les yeux j’aperçois encore l’immensité et la beauté des paysages, des vallées, des routes enneigées et larges, le tableau de bord du camping-car de location et nos nuits de douze heures après presque autant à marcher !

Puis le 4 octobre sera l’anniversaire de notre départ, pendant la saison que j’adore : l’automne. Cela fera cinq ans, déjà, que nous sommes partis. Aujourd’hui on en parle encore, et bientôt une de mes cousines partira vivre à Montréal avec sa famille (ce sera sans doute l’occasion de visiter cette autre contrée merveilleuse) et ma deuxième fille portera le prénom d’une célèbre blogueuse culinaire canadienne. Peut-être que dans cinq ans (ou moins… j’espère ^^) nous pourrons retraverser l’Atlantique et vivre de nouvelles aventures tsé...

Départ J-6 mois

A ce moment je me demandais aussi comment « marquer le coup » des trente ans de mon conjoint. Pas friands des grandes bringues organisées en salle, ni l’un ni l’autre, je me demandais si je lui faisais la surprise ou si je lui en parlais quand même ! La deuxième solution fût la meilleure car nous avons pu tout planifier ensemble, ce qui n’était pas peu.

Nous avons choisi la région d’Alberta, où se trouvent les Rocheuses Canadiennes et nous allions atterrir à Calgary. Notre mode de transport serait un camping car, ce qui nous permettrait de nous déplacer aisément pour les balades, visites, dormir et se restaurer à l’intérieur, avec un gros plein de courses nous ferions tout nous-même. Je me suis inspirée des circuits proposés par l’agence Authentik Canada pour tracer notre chemin et j’ai loué le camping-car via cette agence.

Bizarrement, prendre un véhicule plus grand coûtait moins cher (nous avions un 6 places). L’idéal était de tout réserver six mois à l’avance (avion et location du camping car), c’est pourquoi il fallait rapidement poser les dates. Nous sommes partis début octobre, juste après la fin de saison haute dans la région, mais le timing de choix était serré pour notre périple version camping, car la plupart des campings fermaient fin septembre, voire mi octobre. Je me demandais pourquoi si tôt et nous avons eu la réponse une fois sur place : la météo.

Cela était la première fois que nous partions en dehors de l’UE et première fois en avion pour Mat. Il y a avait pas mal de choses administratives à régler avant de partir mais j’ai adoré planifier le voyage. Faire faire les passeports, acheter les billets d’avion, réserver le camping-car, réserver le train pour nous rendre à l’aéroport CDG, réserver les hôtels à Paris la veille du départ et à Calgary en arrivant, planifier notre chemin, voir les campings et points de ravitaillement nourriture et gasoil, bref tout ce qu’on peut prévoir sans que le voyage ne soit figé. Avec pour guide une bonne vieille carte routière (la location du GPS n’était pas donnée) et le Guide du Routard !

Jour J : 4 octobre 2016

Après six mois de préparation, le jour J est enfin arrivé ! C’est le père de Mat qui nous a conduit à la gare de Rennes, où on prenait notre train Ouigo direction Paris Charles de Gaulles. On a pris une navette qui ressemble au métro pour sortir de la gare de l’aéroport et on arrive facilement à l’hôtel Citizen M, un super démarrage de vacances : un hôtel 4 * très accueillant, propre et confortable qui nous a permis de passer une nuit très reposante avant notre périple.

Jour de vol : I believe we can catch the fly

Le lendemain matin, on se réveille comme deux fleurs à 6h du matin, prêts à affronter les heures de voyage (enfin – le pensait-on). On enregistre nos bagages à 8h et on part se prendre un petit déjeuner avant d’embarquer dans notre premier avion : nous décollions pour Amsterdam, puis d’Amsterdam, nous changions pour Calgary.

On monte dans le premier avion, on fait le tour de la piste… et on revient, sans décoller, car il y a « un problème technique ». Une porte de soute mal fermée ! Ouf ! … Sauf que le retard occasionné nous a fait rater le second avion… 5h d’attente pour avoir un autre avion, qui lui allait à Montréal, où nous devions changer pour Calgary une fois là-bas. L’avion pour Calgary avait lui aussi du retard… Mais on a fini par l’avoir et par atterrir à bon port après 13 heures de vol… Mais, mais, où sont nos valises? « Elles arriveront demain! » Epuisés, nous prenons un taxi pour rejoindre l’hôtel et nous nous écroulons de fatigue à 6h du mat’ heure française et 22h heure locale…

Premier jour en terre Canadienne

Jeudi 6 octobre

On se réveille à 4h du matin, puis on se rendort jusque 7h. Un bon petit déjeuner nous requinque et nous plonge dans la culture Tabarnak avec des pancakes, des toasts à la confiture de fraises-chantilly-sirop d’érable ! On part ensuite de l’hôtel où on est saisi par l’air déjà bien frais pour ce mois d’octobre, avec bien sûr un simple tshirt et un k-way sur le dos, étant donné qu’on n’avait pas anticipé de ne pas avoir nos petites laines sous la main ! On fait un peu de repérage : location de camping-car et supermarché. On récupère en premier notre moyen de location : un bon gros camping-car 6 places à boîte de vitesse automatique et c’est parti pour faire le plein de courses !

On a eu du mal à trouver un supermarché « normal », genre où tu rentres, tu fais tes courses et tu payes. Déjà, en tant que « petits » français, nous étions déboussolés de par la taille des routes, la taille des voitures, des camping-car et des magasins! On était en zone industrielle, en périphérie de Calgary, où se trouvaient finalement tous les magasins. On est d’abord tombés sur un hypermarché qui ressemblait fort à nos magasins Metro ou Promocash, qui sont uniquement ouverts aux professionnels de la restauration, mais là bas ouvert aux particuliers aussi, sur présentation d’une carte d’adhésion de 50 dollars canadiens l’année. En soi c’est très intéressant, mais on n’avait pas l’intention de passer notre temps à chercher des supermarchés mais de faire un gros plein pour deux bonnes semaines et la carte n’aurait pas pu être amortie.

« Chouette » qu’on s’est dit, juste à côté il y avait un supermarché… asiatique. Bon on n’a rien contre, mais on voulait quand même avoir quelques points de repères, alors on a continué notre recherche (à se planter aussi plusieurs fois sur les embranchements de route et la signalisation !) et on est enfin retombé sur l’enseigne Superstore où on a pu remplir notre carlo de vivres pour tenir tout le périple.

Juste après on a filé direction l’aéroport pour récupérer nos bagages : après le coup de fil sans tonalité dont je n’ai pas pu écouter le message – étant donné que le truc dont je me suis le moins souciée en amont du voyage était de configurer ma messagerie vocale avec code PIN pour l’étranger – j’ai supposé qu’un employé de l’aéroport nous avait appelés pour nous dire que les bagages étaient arrivés. Alors, sur la base d’une supposition, nous sommes partis chargés comme des mules à bord de notre tank on the road again!

Arrivés à l’endroit où nous attendions la veille désespérément que le tapis nous amène nos valises (jusqu’à ce qu’on se fasse une raison et qu’on se fasse racoler par un chauffeur de taxi), guidés par une main divine, nous avons retrouvé par une porte entrouverte nos bagages, j’en ai poussé un cri de joie et chialé ma race. J’allais enfin pouvoir changer de culotte – et mettre un pull, accessoirement ! ^^

Sortis de là, le parking était payant mais en expliquant au monsieur du parking notre cas, il nous a laissé partir gratos en nous souhaitant la bienvenue dans leur beau pays avec un chaleureux sourire (en plus il mesurait bien 2 mètres et ressemblait au Père Noël) : on s’est dit, ça y est nom de d’là, nos vacances sont là mon ami !!!

On avait les valises, le camping-car, la bouffe : direction notre premier point de chute : le Parc National de Banff.

Cela a été un peu compliqué de sortir de Calgary sans GPS (ah la joie des grandes villes), mais ensuite ça a très bien roulé. La route était longue sur la fin, car non seulement la nuit est tombée tôt (vers 17h30) mais on a dû rouler 70 km de plus que prévu, car le camping que j’avais repéré était déjà fermé pour la saison… (Mais non ça va bien se passer chéri)

Nous sommes arrivés au camping du Lac Louise. Il n’y avait personne à la réception, mais une boîte aux lettres avec des enveloppes pour laisser le cash pour réserver l’emplacement. Nous, on a mis gentiment les sous-sous dans la boi-boite et on a cherché une place ensuite… Horreur, le camping était plein et on venait de perdre des sous. Allez, le Père Noël était là c’était pas pour rien quand même. On refait un tour du camping… Et là, un camping-car partait : alleluia !! On a pris une bonne douche chaude qui piquait aux sanitaires, on a mangé du poulet (déjà) rôti de 4 jours (il nous a vraiment fait 4 jours à deux) et extinction des feux à minuit, jusque 9h le lendemain : cuits, on était cuits.

Banff – ou la réalisation du rêve d’une vie

Le vendredi matin, on tire les rideaux et Ô magie : il a neigé pendant la nuit. On se réveille dans un décor qu’on n’apercevait pas la veille en pleine nuit : des forêts à perte de vue, le bruit de l’eau qui court, turquoise malgré le ciel chargé et la brume. Tout est calme. On enfile notre équipement et on part pour une petite rando de 5km autour de la rivière Bow. On rentre le midi se restaurer d’un sandwich au poulet des neiges et on repart en début d’aprèm en direction du Lac Louise, pour une superbe balade de 5 km encore pour arriver au bord du lac – et en prendre plein la vue.

On a poursuivi un peu la balade pour fuir la foule (sur les points de vue touristiques les cars affluaient) sur 3 km en grimpant sur les chemins montagneux. On n’est pas allé tout en haut, mais il devait y avoir un refuge, certaines personnes grimpaient avec du matériel pour rester dormir. Nous on est descendus avant le sommet pour éviter de se retrouver dans le noir : bon timming !

1h30 de marche le matin, 4h30 l’après-midi : un gros dodo bien mérité après la douche chaude, une soupe de tomate (et de poulet xD).

L’oncle de Mat nous avait prêté son appareil photo reflex pour le voyage, et on a eu la possibilité de ramener de merveilleux souvenirs et de prendre goût à faire de belles photos ! Pour notre première sortie dans le Canada Sauvage, on en a pris plein les mirettes !

Deuxième étape : Le parc National de Jasper

Samedi 8 octobre

Après une nuit bien reposante on s’est préparé au changement de camping : on prenait la route des glaciers, ou la Route 93 North en direction de Jasper. Mais avant nous avons fait escale au village de Lake Louise pour refaire le plein, ne sachant pas quand nous retomberions sur une station essence.

Sur les 233 km à parcourir ce jour-là, nous nous sommes arrêtés plusieurs fois, pour faire des petites randos autour de sites à ne pas manquer.

On s’est d’abord arrêté au Lac Peyto où il y avait beaucoup de neige et où le glacier Bow surplombait le lac, c’était magnifique ! On s’est promené une petite heure avant de reprendre la route, de voir défiler de superbes paysages, mais aussi de s’arrêter pour laisser passer quelques autochtones (des chèvres des montagnes, des boucs) et de s’arrêter manger notre souplette au bord de la Beauty Creek.

Nous reprenons la route vers 13h et on s’arrête pour aller voir les Sunwapta Falls : un spectacle magnifique là encore, où on a pu se promener 1h30. On reprend la route vers d’autres chutes d’eau : les Athabasca Falls, beaucoup plus touristiques, mais qui valaient vraiment le coup d’œil.

Dernière ligne droite en direction du camping Whistlers, à 3 km de Jasper, où il y avait du monde au portillon ! Ouf ! Il reste de la place, pour deux nuits, avant qu’on ne doive changer de camping. On nous rassure : »Faites attention aux wapitis, ils sont trrrrrèèèèès dangereux en ce moment, c’est la saison du rut !!! ». Ben, merci mon ami !!

Le village de Jasper

Dimanche 9 octobre.

Après une nuit de 11h on se dirige à pied vers Jasper, à 3 km de notre camping, un petit village au cœur des montagnes avec des sentiers de rando. Nous avons fait une randonnée de plus de 20 km en longeant la rivière Athabasca tout autour de Jasper et en faisant une pause le midi, où on a mangé dans un restau-brasserie car les restaurants sont pour beaucoup fermés le dimanche midi, ils ouvrent le soir de 17h à 21h (horaires d’hibernation qui nous convenaient bien en fait !).

Le village de Jasper n’était pas exceptionnel en soi, mais on a bien fait de faire la balade découverte autour de Jasper qui nous a fait croiser le chemin de wapitis et d’écureuils, sans compter le woodpecker (grand pic) du matin au camping. Une belle journée au cœur de la nature encore. On s’est arrêté aussi pour acheter quelques cartes postales pour les amis et la famille (indispensable !)

Thanksgiving

Lundi 10 octobre

Le matin on vidange les eaux usées avant de changer de camping mais soucis : pas possible de remplir la cuve, les tuyaux d’eau sont gelés ! On devra attendre quelques heures pour ça. Cette fois on remonte vers Jasper en camping-car pour s’y garer et faire d’autres balades.

Le matin on s’est dirigé vers le nord de Jasper pour faire le tour du Lac Patricia (environ 5km), c’était sympa mais il fallait regarder nos pieds sans cesse, car le lac est situé à côté d’écuries et les chevaux s’y promenant et la météo rendaient le sol très boueux.

L’après-midi on a fait une rando de 2h30 autour du Lac Pyramide avec des vues magnifiques aux couleurs automnales (environ 6km). On est ensuite redescendu vers Jasper dans l’espoir de faire une lessive et d’envoyer les cartes postales… Mais tout était fermé à 16h : Thanksgiving c’est aujourd’hui ! Pour fêter ça, petits feuilletés à la fricadelle et raclette au micro-ondes (qui démarre à coups de taloches) : rock’n’roll !

Direction la Colombie-Britannique

Mardi 11 octobre

Le matin on se prépare et on retourne sur Jasper faire notre lessive (dans un concept de laverie-salon de thé que j’ai beaucoup apprécié) et envoyer nos cartes postales avant de prendre la route pour Clearwater. Arrivés en milieu d’après-midi après environ 3h de route, on s’est rendu au centre de renseignements de la ville. Bienvenue en Colombie-Britannique !

On s’est installé au Dutch Resort, un camping avec une superbe vue sur le Lac Dutch (camping d’ailleurs tenu par des hollandais!). A ce moment, on se demande si on reprend vraiment la route le lendemain vers Whistlers, comme prévu, ou si on s’attarde et qu’on écourte notre road trip en km…

The Falls’ day !

Mercredi 12 octobre

La journée des cascades !

Matinaux une fois de plus, on se lève à 7h pour se diriger vers 9h aux Spahats Falls. De superbes chutes d’eau qu’on a voulu aller voir de près, qui impliquaient de descendre beaucoup beaucoup beaucoup… (et moi qui croyais qu’au bout du chemin il y allait y avoir un ascenseur pour remonter ahah) : autant dire que j’étais au bout du bout de ma vie à la fin de cette … 1h30 de promenade d’automne ! On reprend la route avant de s’arrêter aux Moul Falls, puis vers le parking des Dawson Falls pour manger et admirer ces mini-chutes du Niagara.

On a ensuite savouré notre dernière rando de la journée : les Helmcken Falls ! Soit une rando de 3h dans les bois denses et humides, où finalement on ne pouvait pas « trop » s’approcher du bord à cause du petit vide … de 141 mètres !! Pour bien les voir, on a rebroussé chemin et repris le camping-car pour se rendre sur le point de vue où on s’est attardé à admirer et écouter ces chutes impressionnantes, complètement hypnotisantes.

Après cette journée très spéciale, on a repris la route, où on avait quand même parcouru 42 km sur l’aller et 25 km à pied. Il était temps de rentrer au camping !

Whistlers VS Revelstoke

Jeudi 13 octobre

Notre voyage prenait un tournant : où allions-nous? Le pays est extrêmement riche en paysages, et nous ne reviendrions pas de si tôt, mais, n’allait-on pas revenir trop fatigués de cette aventure? On mangeait du sentier tous les jours, en plus de l’asphalte, où on changeait de camping tous les deux jours tout au plus. Ce sentiment de devoir tout survoler pour avaler un maximum de souvenirs commençait à nous épuiser, et, à contrecœur, nous nous avouions vaincus : nous allions écourter les kilomètres au compteur pour pouvoir souffler un peu et passer moins de temps sur les routes.

Nous devions donc nous diriger, à la base, vers Whistlers puis ensuite Vancouver pour après revenir vers Calgary via d’autres étapes clés, mais c’est à ce moment que nous nous sommes retranchés vers Revelstoke plus tôt que prévu.

Au petit matin, nous avions eu la surprise de trouver portes closes devant le supermarché. Nous ne comprenions pas. Et puis, résignés, nous sommes allés faire le plein. A ce moment, un détail me frappe sur le ticket : l’heure. En nous rendant en Colombie-Britannique, nous avions encore reculé d’une heure ! Après cette petite escale, nous avons repris la route direction Revelstoke via Kamloops, où on est arrivé vers 16h. On est allé visiter le musée de la voie ferrée, qui était très intéressant. L’employée du musée a gentiment appelé les campings alentours pour nous pour savoir s’ils étaient toujours ouverts !

Entre temps, on a aperçu un ours qui se dirigeait vers les lotissements! Il a vite disparu mais on a eu le temps de le « capturer » !

Puis on a enfin trouvé le camping, où on a une fois de plus apprécié de se reposer après cette journée sur la route.

Revelstoke et ses Begbie Bluffs

Vendredi 14 octobre

Ce matin, on a pu faire deux randonnées autour de Revelstoke. La première, sur les traces de Nels Nelsen- champion de saut à ski (les parents se sont pas embêtés pour le prénom!), dans le Parc National de Revelstoke. Environ 5 km dans la boue après les grosses pluies de la nuit précédente.

La deuxième qui nous a fait notre journée en fait, du côté des Begbie Bluffs (un spot d’escalade mais on ne le savait pas à ce moment…). Une rando « very difficult » qu’ils disaient, de presque 4h qui nous a fait rater notre souplette du midi ahah. On est revenus trempés (indoor/outdoor) d’une rando dans les bois humides et vallonnés. On est donc passés à côté d’énormes rochers sur lesquels étaient installés des prises pour les amateurs d’escalade.

On est rentrés en milieu d’après-midi au camping-car, on s’est changé et on a pris un énorme goûter avant d’aller faire un tour dans Revelstoke. On est ensuite rentré cocooner et faire une soirée crêpes avant d’exploser notre record et de se coucher à 19h !

Samedi 15 octobre

Ce matin on a quitté Revelstoke, direction Golden. On pensait s’arrêter à plusieurs endroits, comme aux Glaciers, mais tout était fermé, à cause de la neige, des travaux et de la fin de la saison estivale. On s’est donc arrêté au Visitor Center de Golden, on a mangé puis on a fait une balade d’environ 1h30 à Cedar Lake. On a repris la route direction Field, là où on s’est arrêté observer les Chutes Wapta, vraiment belles.

On s’est ensuite dirigé vers le camping que nous pensions pouvoir occuper cette nuit, mais de nouveau, tout était fermé… On s’est aperçu alors que nous n’étions vraiment pas loin de notre premier amour : le Lac Louise ! Quinze minutes plus tard nous y arrivâmes !

Dimanche 16 octobre

Ce matin on est allé à Lake Louise Village, où je me suis trouvé des super moufles avec la feuille d’érable ! Juste un petit tour et on est rentré manger. L’après-midi on est allé voir pour faire un tour de téléphérique mais il n’y avait personne (pas encore vraiment la saison d’hiver !).

On est allé au Visitor Center payer le pass de 3 jours dans le Parc National de Banff (sortes de péages pour rester dans les parcs nationaux) car on a vu le Sheriff ce matin, faut pas rigoler oh!

L’agent d’accueil nous a conseillé deux-trois balades à faire autour du Lac Louise.

On a commencé par celle de Saddleback : ça grimpait dur dans environ 60 cm de neige ! On a bien sué mais on s’est fendu la poire quand il a fallu redescendre : il ne manquait plus que la luge !

On a enchaîné avec Belvédère Fairview, où on avait une très belle vue sur le Lac Louise et son château ! En redescendant, on a « lugé » avec nos chaussures (et moi mes fesses ahah).

Lundi 17 octobre

Ce matin on partait juste se promener, prendre l’air pour une petite sortie d’environ 4km… Et on s’est laissé happer par le chant des montagnes… Nous sommes rentrés 7h plus tard après 12km de marche dans les montagnes. Une journée incroyable, à la fois à travers les paysages extraordinaires, mais aussi le degré de fatigue à la fin de la journée à puiser nos réserves d’énergie (on avait deux barres de céréales chacun pour tenir le coup heureusement).

On est allé le long du Lac Louise puis on s’est dirigé vers la Plaine des Six glaciers pour ensuite remonter vers le Lac Agnès et redescendre par le Lac Mirror, vers le Lac Louise !

Nous passons notre dernière nuit au Lac Louise, demain nous partons pour Banff.

Mardi 18 octobre

Ce matin on a repris la route direction Banff. On a voulu s’arrêter au Canyon Johnston pour lequel nous avions fait un détour de 17 km exprès… mais c’était fermé ! Le chemin pédestre était en travaux. On a repris la route et on a fait une bonne lessive en arrivant à Banff. Entre temps on est allé faire quelques courses, puis on est allé au Visitor Center.

On a trouvé un camping pour nos deux dernières nuits. Ensuite on a mangé puis on s’est reposé : grande première des vacances ! On est reparti vers 17h en ville faire un tour. Banff possède un joli centre ville qui fait penser aux villes européennes, avec quelques boutiques atypiques mais très sympa comme une boutique qui vendait les créations locales et une autre qui ne vendait que de la déco de Noël… toute l’année !

On est rentré vers 19h de notre journée calme au camping !

Mercredi 19 octobre

Ce matin on s’est fait une balade d’environ 1h30 en remontant du camping pour les « Hoodoos », les cheminées des fées, soit d’immenses roches sculptées par la pluie et le vent au fil des siècles.

L’après-midi, on a visité le Buffalo Nations Luxton Museum, un musée très intéressant sur les Premières Nations. Puis on est allé voir les Bow Falls et on a aperçu d’autres wapitis en bordure de ville : ils broutaient les pelouses juste devant les maisons !

On est rentré vers 16h au camping. Une journée tranquille avant de reprendre la route demain pour Calgary… La fin du périple approche !

Jeudi 20 octobre

Une journée de logistique assez fatigante. On s’est réveillé tôt (vers 5h), un peu tristement excité par le retour. On avait bien préparé nos affaires la veille. Il ne nous restait pas grand chose à faire. On est parti du camping de Banff vers 7h pour reprendre la route direction Calgary.

Aidés par le Gps de mon téléphone qui, par miracle fonctionnait, on est arrivés facilement à la station de lavage auto où on a nettoyé le camping-car et refait le plein, avant d’aller le rendre. L’état des lieux était vite vu, ça turbinait dans l’agence !

Sortis de là avec nos sacs à dos et nos grosses valises, on se sentait tout nus ! On s’est dirigé vers l’arret de tramway le plus proche pour se rendre dans le centre ville : quelle expédition ! La ligne faisait un arrêt sur deux dans un sens et les autres arrêts dans l’autre sens ! On a cherché un premier hotel, sûrs de nous on a longtemps marché avec une valise cassée, on nous a aidé à nous orienter plusieurs fois avant de capituler, et de prendre, au bout de 2h30 de tramway/marche, le premier hotel qu’on avait sous le coude. On s’est arrêté au Sandman Hotel, à un prix un peu cher : 170 dollars la nuit o_O (soit un budget de cinq nuits de camping).

Finalement on est allé faire quelques courses en fin d’après-midi pour manger le soir, le lendemain matin et midi, car on n’avait plus assez pour manger à l’extérieur : l’hotel nous avait mis sur la paille !

On s’est promené en ville, espérant pour cette dernière journée pouvoir emporter quelques souvenirs mais Calgary Downtown s’est avéré n’être qu’un centre d’affaires, avec très peu de boutiques et de luxe, on a marché trois heures sans rien trouver. Il y avait bien les sorties dites « touristiques », mais étant toutes payantes, on a préféré esquiver. Le commerce à Calgary se fait en pourtour de ville, dans les grosses zones commerçantes nécessitant un petit pick-up (on ne voyait que ça !). Calgary n’est pas une ville très écolo ni propre, beaucoup de junkies trainaient partout.

Heureusement qu’on ne passait qu’une nuit dans cette grande ville qui manquait de charme et de caractère ( la ville est récente sur le plan historique), mais les Canadiens qu’on a rencontrés semblaient être vraiment sympa !

Vendredi 21 octobre

C’est le jour du départ !

Réveil à 7h, on s’est pris un petit déj au lit comme des patrons puis on s’est préparé tranquillement. On a quitté l’hotel vers 10h puis on s’est dirigé vers l’arrêt de la navette pour l’aéroport.

Quarante cinq minutes de trajet, puis on a enregistré nos bagages et on a mangé nos sandwichs avant de se diriger vers le contrôle.

On a pris l’avion à 15h25 de Calgary pour Amsterdam et on est arrivé à l’heure pour prendre le second ! Youhou amazing ! Le second qui lui, avait « juste » 20 minutes de retard, mais qui pour finir en avait 1h. Du coup, pour ne pas changer, on était encore speed pour devoir chopper nos valises avant d’aller jusqu’à la gare direction le Ouigo pour Rennes… Qu’on a eu ! Le petit Mathieu s’est endormi comme une masse la bouche ouverte à côté de moi (ahah)…avant que je ne sombre moi aussi…

On a pris le métro en arrivant et la mère de Mat est venue nous chercher, on a retrouvé notre maison, pour de nouvelles aventures… !