Soleil, menthe et coquelicots : balade en Périgord noir

Toujours confinés, tels des prisonniers (de luxe quand même), on pense à s’évader. On se rend compte de ce qu’est la liberté quand elle n’est plus là…

Puis comme j’ai un blog, je vous en fais profiter, de mes photos, de notre expérience, de nos belles rencontres.

Posé sur ma serviette de table mise de traviole sur la table, mon verre de Jurançon. Je suis allée faire les courses pour trois semaines ce matin, autant dire qu’un demi-salaire est passé. Ça donne des décharges électriques de taper son code et une suée car on ne sait pas si ça va passer ahah (#viedeconfinéaladech).

Wouh ! Le triple défi de la journée est relevé : 1)faire des courses pour trois semaines, toute seule, à Lidl (sport de ouf) et Super U, par temps de confinement (éviter les flics et le virus), 2)avec ma Panda, et craquer sur un toboggan pour ma choupie pour l’occuper (et du coup ravancer mon siège à fond, je déteste conduire les genoux collés au plastok de ma caisse, ça me donne l’impression d’être une armoire à glace dans un studio de 9m²). 3)Ranger les courses, et s’émerveiller des gadins pris par mon gobelin. LA récompense, après 4 heures de périple.

Ce matin à la radio j’entendais sur France Inter le répondeur des gens confinés. Il y a un monsieur qui disait s’octroyer un petit carnet des bonheurs simples de la journée. A la fin de chaque journée, il retranscrivait dans son carnet le bonheur de sa journée (un coup de fil d’un de ses fils, un sourire d’un voisin, le chant des oiseaux, le soleil sur la peau, etc). Moi mon bonheur aujourd’hui était d’avoir trouvé ce toboggan pour ma fille : avec ce beau temps et le confinement, il tombait à pic (et tant pis s’il est neuf, je sors de mes habitudes de seconde main pour elle).

Et puis mon second bonheur, c’est le commentaire laissé par ma tante pour mon article sur Penvenan. Bah oui, quand vous lisez mes articles et qu’en plus vous me laissez un commentaire, j’en suis vraiment heureuse. Les petits bonheurs de la vie …

Ça m’a motivée à bien avancer mes articles … Car vous ne le savez pas, mais j’ai une liste de brouillons un peu trop grande (comme toutes mes listes de tout en fait) concernant les articles que je dois écrire, car comme vous avez dû le remarquer, j’écris autant que je parle (je me surprends parfois à être devenue si bavarde tellement j’étais timide étant gamine)…

Alors si vous le voulez bien, je vais vous conter la Dordogne aujourd’hui. Cela fait longtemps que c’est prévu, mais entre la création du blog, à la base dédié à la bouffe et qui a bifurqué sur la déco et où je n’osais pas trop parler de voyages alors que j’adore ça, mon troll qui me prend 90% de mon temps libre et mon boulot, forcément… Vous savez, quoi.

Pourquoi la Dordogne?

Réponses :

  • Lulu (une de mes meilleures amies) m’en a parlé pendant des années, comme étant selon elle la plus belle région de France, alors forcément, c’était resté dans un coin de ma tête
  • J’étais enceinte de six mois et demi, alors valait mieux éviter l’avion ou trop de route en voiture. A cinq cents kilomètres de chez nous c’était correct, avec des pauses régulières.

Vous allez vous demander comment je me souviens de tous les détails, mais en fait, je tiens un journal de bord de chacun des voyages que je fais, au jour le jour. Vous allez vous demander pourquoi je fais ça, surtout qu’à ce moment le blog n’existait pas. En fait, j’adore créer des livres photos, et pour cela, y raconter l’histoire des vacances est encore mieux. Et les journaux sont super, au quotidien. Un journal d’activité professionnelle, d’activité-passion où on peut noter les difficultés rencontrées et les erreurs commises… Car le temps passe et on oublie vite des petites choses insignifiantes jusqu’au jour où on a besoin de s’en souvenir…


Le jour du départ était pour le samedi 12 mai 2018. Nous sommes partis direction Proissans à huit heures vingt, après nous être levés trois heures plus tôt, en même temps que mes parents qui repartaient de leur semaine de vacances chez nous, direction le Nord.

On n’a pas pris l’autoroute pour y aller, on la prend rarement en fait. Au moins c’est gratuit, on s’arrête où et quand on veut, même si c’est peut-être plus long et le paysage est quand même vachement plus sympa. Avec trois pauses, on aura mis huit heures à arriver, vers seize heures.

Quand nous sommes descendus de voiture pour aller nous présenter à l’accueil du camping, il pleuvait, et il faisait environ dix degrés, mais le camping classé quatre étoiles avait l’air vraiment bien. Très peu de monde (on esquivait les vacances scolaires), et une piscine couverte et une extérieure (ça s’annonçait bien pour mettre en pratique mes cours de natation, car oui, je venais d’apprendre à nager, enfin Suzie et moi héhé).

Pregnantisme oblige, on se fait un apéro iced tea/pringles en rentrant de courses !


Le deuxième jour, le dimanche matin, après s’être levés à huit heures, nous sommes partis découvrir Sarlat-la-Canéda. Une très belle vieille ville cité, très touristique (victime de son authenticité) mais dont nous n’avons pas eu à nous plaindre sur ce plan en hors-saison. Plusieurs boutiques et restaurants étaient cependant ouverts. Les spécialités du coin sont les noix (beaucoup de tartes et de gâteaux qui ont l’air délicieux), le foie gras (j’ai eu un nouvel aperçu de ce savoir-faire), le cassoulet, les truffes.

Nous vivions au rythme de mes siestes de femme enceinte jusqu’aux yeux, et des sorties running de Mathieu pendant ce temps-là. Entre deux sorties, je restais dans le mobile-home où je commençais à trier les photos, écrire des idées de recette, et retracer notre périple. La région est connue pour son temps lourd et orageux, et ce début de saison ne dérogeait pas à la règle.


Le lundi nous nous sommes reposés du voyage et sommes allés visiter le camping et le village de celui-ci (Proissans, où nous étions à six kilomètres de Sarlat).


Le mardi, nous sommes partis en randonnée près de notre camping, à Marcillac-Saint-Quentin, où nous avons marché environ cinq kilomètres. Il s’agit en fait de deux villages qui ont été réunis, très paisibles. Nous avons marché sur une route qui fleurissait de menthe sur des centaines de mètres, cela sentait merveilleusement bon, car un parfum encore inconnu à ce moment là se mêlait à la fraîcheur de la menthe – celle du robinier (le faux-acacia). Et nous croisions aussi beaucoup d’éperviers (ou des buses peut-être).


Le mercredi 16 mai nous repartions pour Sarlat, dont le marché a lieu trois fois par semaine. Nous avions acheté quelques bons produits tels que des fraises et un gâteau tellement bon, aux noix et au miel (le mec fabriquait son miel et du gâteau qu’il vendait sur les marchés) et deux cartes postales à l’effigie de Sarlat. Dans la foulée on est parti faire les courses et on est rentré se reposer.

L’après-midi nous sommes partis visiter les jardins du Manoir d’Eyrignac, encore de biens beaux jardins à la française dans lesquels je ne me lassais pas de me promener. Derrière les jardins était balisé un chemin qui partait du verger (noyers) pour se prolonger à travers bois, avec de temps à autre des écriteaux avec le nom des arbres et leurs vertus. Une balade de deux kilomètres et demi pour profiter des derniers instants de cet endroit.


Le lendemain nous nous dirigions vers Beynac-et-Cazenac pour faire sans nul doute la plus belle des ballades à travers ce village classé aux Plus beaux Villages de France ! Véritablement inoubliable, je suis tombée en amour devant ces maisons en pierre, ces rues pavées desquelles sortaient souvent des pieds de rosiers grimpants sur les façades, les rues qui grimpaient pour aller se noyer sur des débuts de chemins de randonnée forestiers, avant de déboucher sur des maisons de campagne… Les paysages étaient agrémentés de figuiers, de noyers, et nous avions vue sur la Dordogne depuis tout là-haut…

En rentrant de notre balade, nous sommes allés profiter de la piscine ! En ce mois de mai, nous avions droit presque chaque nuit à des orages avant d’avoir un temps chaud et radieux en journée. La piscine extérieure était un peu fraîche mais on a pu en profiter quand même !


Le vendredi nous partions visiter la Roque-Gageac, encore un très beau village où nous sommes allés faire le marché le matin et où j’ai aperçu des pots de confiture de potiron…(dont j’ai eu envie de faire la recette au moment de Noël quand j’ai écrit cet article)

Région des figuiers, de la menthe sauvage, des coquelicots, de la truffe, des noix (et du foie-gras), on peut dire que cette région sait au moins tenir par l’estomac, et par toute son histoire et sa beauté pour qui apprécie le terroir, l’histoire, l’architecture et la nature…

Le midi nous sommes allés nous poser pique-niquer au bord de la Dordogne, entre la Roque-Gageac et Domme, où nous sommes allés l’après-midi (encore un bien beau village qui monte qui monte qui monte !) mais il faisait très chaud, nous étions assommés par le soleil et la lourdeur dans l’air. Nous sommes rentrés nous glisser… dans la piscine, pour finir la journée !


Le samedi 19 mai, nous sommes partis direction Saint Léon sur Vézère pour une balade de trois heures en canoë! C’était top, on y est vraiment allé tranquilles, il faisait un temps magnifique et j’ai même piqué du nez un peu pendant que Mat ramait ( mais chut!).

On a pique-niqué et puis sans surprise, on est retourné à Sarlat faire le marché ! On voulait voir à quoi il ressemblait chacune des trois fois où il est organisé ! Et ça vaut le coup ! Le marché du mercredi est axé sur l’alimentaire, alors que le samedi c’est LE marché du coin avec toutes sortes de vendeurs, riche en marchands de tous genres ! Et le dimanche, c’est un marché couvert qui a lieu dans une ancienne église réhabilitée (marché alimentaire).


Le dimanche nous sommes partis à Daglan pour le salon des antiquaires. Une belle sortie ! Des collectionneurs exposaient leurs pièces rares et des brocanteurs avisés et très sympas vendaient leurs belles trouvailles. On a failli craquer sur un abreuvoir à oiseaux en fonte mais le prix était trop élevé, hélas !

On a pris la route ensuite pour Castelnaud la Chapelle où on a visité le château. Inutile de vous dire que c’était très intéressant, d’autant plus que nous avons eu droit à une visite guidée et une explication et démonstration de catapulte !


Le lundi, nous prenions la direction de Rouffignac pour visiter des grottes préhistoriques (vieilles de quinze mille ans !), situées à Fleurac. Les grottes de Lascaux étaient désormais fermées et ce sont des reconstitutions qui étaient visitables. J’ai trouvé ça triste et attrape-touristes à souhaits et ai préféré m’abstenir de souiller davantage ces lieux trop visités.

Activitées dans les environs
Grottes de Rouffignac – Source Wikipédia

Nous avons eu droit à une visite exceptionnelle animée par un grand passionné d’histoire (si mes profs d’histoire avaient été aussi enjoués par cette matière j’aurais sans doute beaucoup plus appris à l’école) dont la visite m’a émue… Tout comme celle, l’après-midi, que nous avons faite dans le gouffre de Proumeyssac à Audrix.

Vidéo : deux nouveaux sons et lumières au gouffre de Proumeyssac
Gouffre de Proumeyssac – Source France Bleu

Dans chacun de ces lieux les photos étaient interdites, c’est pourquoi je n’ai pas de clichés à vous montrer de moi de ces endroits, mais vous en trouverez aisément sur le net si vous le souhaitez. Mais les expériences vécues et les images et sensations que j’a vues et ressenties m’ont marquée. Une bouffée d’histoire dans la face pour nous rappeler qu’on est que de passage ici…


Le lendemain, le mardi, nous nous sommes reposés et avons profité de la piscine du camping (Le Val d’Ussel, si vous voulez aller voir). J’hésitais beaucoup puis finalement on est allé visiter une ferme qui produisait du foie gras à Saint-Crépin et Carlucet. J’ai été très agréablement surprise par la façon dont ils travaillent, le respect de leurs animaux, la sélection rigoureuse de leurs aliments, la propreté des locaux et l’immense variété de produits qu’ils confectionnent et vendent à la Ferme des Roumevies. Une visite qui s’est terminée par une dégustation de foie gras et où on a annoncé à un groupe de dames trop sympa le prénom qu’on allait donner à notre fille… en avant-première !


Le mercredi matin nous sommes partis faire une randonnée à Saint-vincent de Paluel d’environ deux heures et demi. Il a fait très beau et chaud ce matin là encore. Et pendant que Mathieu est parti courir l’après-midi je peignais et aller me baigner encore à la piscine…Plouf !


Le lendemain nous voilà partis direction Rocamadour ! J’étais un peu réticente à faire trop de route entre le camping et les endroits à visiter, voulant réserver un voyage à une région en profitant déjà de tout ce qu’elle a à offrir…(mon côté perfectionniste ressort en vacances parfois ahah). Et puis en même temps on était si près de cette ville si célèbre qu’il était dommage de ne pas y aller.

Arrivés sur place nous nous sommes baladés dans ce village très vallonné pendant presque trois heures. Rocamadour et plus largement la Dordogne, sont des régions de France très marquées par la religion (tout comme le Finistère et la Bretagne en général).

L’architecture et la culture s’orientent autour des édifices religieux et du catholicisme principalement. Ce qui donne un cachet indéniable à tout ce que vous voyez et touchez et rend chaque bâtiment, chaque place et chaque nom de village si précieux. Ce que je retiendrai de la Dordogne c’est l’image d’une carte postale pleine de soleil, qui sent la menthe, où on peut se reposer, manger tout ce que la terre si fertile a à offrir là-bas, le tout avec un accent mélodieux et la jovialité de ses habitants.

Sur le retour nous sommes allés visiter une ferme qui fabriquait du fromage Rocamadour, la Borie d’Imbert. On pouvait visiter librement la ferme dont les chemins étaient balisés et acheter des produits en fin de visite dans la boutique/accueil. Encore le Paradis pour moi la grande gourmande ! Cerneaux de noix caramélisés, fromages de chèvre de diiiiingue, plats cuisinés, épices… Bref du bon mangé hein !


Le vendredi nous n’avons rien fait de spécial, car on est toujours un peu bizarres la veille de partir d’un endroit où on se sent bien. On s’est reposé, on a trié des photos et puis on a commencé à rassembler les affaires…

Le jour de partir, nous sommes allés faire un dernier tour à Sarlat (jour de marché ahah) comme pour dire au revoir à cet espace hors du temps… Où nous reviendrons un jour, c’est bien certain !