Londres : escapade hivernale en famille

J’attendais ce petit voyage en famille depuis longtemps pour Londres, car j’avais la sensation de retrouver des amis que je n’avais pas vus depuis longtemps. Alors je voulais que tout soit parfait.

En 2011 je me suis rendue deux fois à Londres : une fois en été, cinq jours avec des amies, et de novembre à janvier où j’ai habité en colloc et travaillé. J’avais 23 ans à cette époque, j’aimais sortir, le bruit, le mouvement, faire la fête, faire les boutiques et vivre à deux cents à l’heure.

Voyager avec bébé ne me faisait pas peur, on l’emmène déjà partout où nous allons. J’avais préparé la valise avec le minimum nécessaire pour nous, et plus de changes pour Suzie. On allait arpenter Londres en porte-bébé et en prenant bus et métro.

Le mouvement de grève qui traversait notre pays n’était pas pour nous rassurer : notre voyage nous faisait faire escale dans ma famille à Liévin, pour partir de Lille quelques jours plus tard pour Londres, en prenant le TGV Eurostar, qui allait nous déposer en plein centre de Londres (à King’s Cross).

On a dû se lever tôt ce matin là car nous prenions un TER pour rejoindre Lille, et il nous a fallu arriver deux heures avant le départ pour Londres, en raison des grèves. On a eu la chance que notre TGV soit maintenu, ce qui me rassurait : tout était payé (hôtel, train et activités sur place) sans assurance annulation : ça me servira de leçon à l’avenir…

Rien que de prendre le train est une aventure pour Suzie : elle grimpe sur les sièges, discute et fait des sourires à tout le monde… Avant de piquer une colère parce qu’elle a trop chaud, qu’elle est fatiguée ou qu’elle en a marre !

Arrivée à Lille Flandres à 7h20, on avait un peu plus de deux heures avant le départ depuis Lille Europe (la gare des TGV, à 400 mètres de Lille Flandres), où on a repris un deuxième petit déj’ et où on s’est enregistré : ça ne plaisante plus, en plus des traditionnels contrôles d’identité double (un box français et un box anglais), on ôte ses effets personnels et tout passe sur le tapis avec les bagages, comme pour prendre l’avion.

On arrive enfin dans le TGV où le trajet ne dure qu’1h30, heureusement, car Suzie commence à fatiguer et à en avoir assez de ne pas pouvoir courir partout.

J’avais préparé une feuille de route pour la première journée car il nous fallait prendre plusieurs bus : depuis King’s Cross, nous devions rejoindre le salon de thé The Parlour 167, qui se trouvait sur notre chemin pour rejoindre l’hôtel. Nous avions dû prendre deux bus et marcher un peu et nous avons trouvé assez facilement ce petit salon thé ultra cosy, mélange de déco industrielle et brocante, beaucoup de lumière, et plein de bons plats à déguster. On avait faim, on s’est pris des burgers et une tarte noix de pécan-frangipane en dessert, qui m’a donné des idées de recette.

En fait, nos vacances ont tourné autour de la bouffe ! Car, rythmés par les repas de Suzie, il nous fallait forcément nous poser à chaque fois au chaud et assis pour manger et nourrir la petite. Au gré de nos pérégrinations, nous nous sommes arrêtés nous restaurer dans des endroits toujours très inspirants !

Après cet arrêt pour manger, on s’est redirigé vers notre point de chute, à l’hotel Ibis Style de Stratford. On avait choisi cet hôtel pour le bon rapport qualité-prix. On était à une demi-heure du centre en métro, à proximité de supermarchés et de magasins, bon emplacement. Le petit déjeuner était super, buffet chaud et froid, salé et sucré, ultra frais tous les jours. Top pour commencer la journée.

J’aime trouver les bons plans pour se loger quand on part en vadrouille. Mais là c’est vrai que j’étais prise dans un dilemme assez complexe : partir à moindres coûts en famille à Londres est quasi mission impossible. J’ai eu beau réserver l’hôtel quatre mois avant, les billets de train deux mois avant, et prendre notre « excursion » à l’avance aussi (trois mois), le budget bouffe (restau/supermarché puisque à l’hotel) était exorbitant !

J’ai comparé les prix sur tout avant de partir : auberges de jeunesse (en chambre individuelle avec bébé), hôtel proches du centre et éloignés (avec le prix du métro +++, le calcul est à faire !), Air B’n’b pas forcément équipés pour recevoir un enfant, assez éloignés et cher… L’hotel m’a semblé être la meilleure solution en termes de commodités avec lit bébé dans notre chambre… mais justement ! Bébé qui fait dodo à 20h heure française veut dire dodo à 19h heure anglaise ! (on n’a pas voulu la décaler dans son rythme pour 5 jours) Donc forcément, on avait un rythme bébé (qu’on a un peu gardé en fait pour avoir aussi notre compte de sommeil ahah).

Puis pas possibilité de stocker de la bouffe au frais dans la chambre, il n’y avait pas de frigo. Obligés de sortir midi et soir à l’extérieur pour manger, et surtout d’être en mesure de donner à manger à un bébé de 18 mois à manger à heure fixe, forcément et au chaud : pas forcément gagné quand on décide de « flâner » dans la ville sans trop savoir où on va attérir. Car en cette période de fêtes, quelques jours avant Noël, la ville était bondée partout, les restaurants bon marché vite pris, les petits endroits cosy n’avaient pas forcément de toilettes (et encore moins de table à langer) et le temps dehors ne permettait pas de la changer « n’importe où » (vent + froid + pluie).

Alors même avec la meilleure des organisations, la meilleure des volontés et en essayant de relativiser au maximum, je dois bien dire que voyager dans une capitale, à l’hotel et avec bébé n’est pas une chose facile.

J’ai déjà connu la folie des grandes villes, mais depuis quelques années au calme, j’ai eu du mal à supporter cette explosion de monde, et Mat aussi. Le métro bondé avec le porte-bébé n’était pas chose aisée non plus. Le porte-bébé tout court d’ailleurs, car marcher 1 ou 2 heures de temps à autre avec 12-13 kg sur le dos ça va, mais sept heures par jour, c’est dur. On s’était dit que ce serait plus simple que de trimbaler la poussette, mais pas vraiment en fait. Car c’est pareil, si bébé ne fait pas la sieste, bébé se transforme en « Grimlin’s infek  » (rires!).

Bref, en Gobelin.

C’est très intelligent un gobelin, Harry.

Et le lendemain de notre arrivée, je réalisais un rêve : entrer à Poudlard (attention spoiler alert!!)

Sans décrire chacune des photos, voici un bel aperçu de notre journée. J’appréhendais, quelque part, de me rendre dans les studios Harry Potter car j’avais vraiment peur de ne plus vouloir regarder les films ou que toute la magie s’en aille.

Mais en fait non, pas du tout. J’étais subjuguée par toute la technicité, le grand art et l’immense talent de chacune des personnes ayant travaillé sur les films. Je ne parle même pas du côté cinématographique, mais juste des décors et costumes réalisés. J’ai eu la sensation incroyable que ce genre de métier est le summum d’une carrière, le plus haut niveau de satisfaction qu’un créatif peut éprouver en réalisant un travail titanesque, caché derrière la magie que chacun a pu ressentir en regardant les films.

Ce qui m’a vraiment marquée, en dehors de l’hyperréalisme des décors mis à disposition du public (tous n’y sont pas, loin de là !) était le travail haut de gamme sur tous les fronts : les costumes, les masques en silicone (et tout le travail réalisé pour chacun des personnages, un boulot de fou!), la maquette géante du château, les dessins des costumes et objets magiques, la construction de Gringotts. Tout le travail des « petites mains » mis en lumière fabuleusement à travers tous les films m’ont encore plus fascinée par l’histoire du petit sorcier. Sincèrement, pour moi, tout l’argent récolté à travers et grâce aux films est tellement mérité… Dès lors que l’on sait ce que c’est que de construire une maison, coudre un vêtement, réaliser une oeuvre plastique, toucher un peu à l’informatique, décorer, rendre réaliste une ambiance, un décor… Je peux vous dire qu’on est absolument émerveillé par tout ça et qu’on se sent vraiment petit.

Sans aucun doute la plus belle sortie du séjour dans cette grande ville (enfin, en dehors de Londres finalement).

Le lendemain, le vendredi, nous sommes allés nous promener du côté de Victoria Station. On est allé marcher pour rejoindre St James’ Park et voir Buckingham Palace. Le monde et le mauvais temps (si si les deux sont possibles ensemble !) ont fait que je ne prenais pas de photos. Qui a envie de voir un amas de touristes prenant des selfies devant les monuments connus…?

On s’est posé en fin de matinée pour Suzie dans un Starbucks et puis plus tard, vers 14h, on a mangé dans un restau italien du côté de Picadilly. Je me suis régalée avec un gratin de penne à la tomate, fromage et œufs durs.

Pas loin, il y avait toujours ces gens déguisés tout en or ou tout en argent, qui ne bougent pas et avec lesquels les gens prennent des photos (comme je l’avais fait avec ma copine Lulu quand nous étions partis à Londres en 2011). En revanche, je voulais passer au Zara où je travaillais pour voir s’il y avait encore des gens que je connaissais … Quelle drôle de sensation quand on est arrivé devant…et que la boutique n’existait plus ! A la place, un horrible magasin de souvenirs. Ça m’a fait bizarre. Mais bon, en même temps, ça faisait huit années déjà.

Quelques grandes rues de l’hyper centre étaient bien illuminées et on pouvait se promener la tête en l’air pour profiter du spectacle, à défaut de pouvoir rentrer dans les très grands magasins (aux vitrines magnifiques comme chez Fortnum & Mason ou Liberty London) qui étaient bondés de monde grouillant partout. On a marché le plus possible et j’ai découvert des endroits de Londres que je n’avais pas vu avant. De toute façon, il faut y vivre quelques années je pense pour en découvrir les moindres recoins…

On est allé du côté de Covent Garden, où, dans le marché couvert, un ténor a animé les foules, c’était vraiment sympa de tomber sur ce spectacle de rue.

Les vitrines de luxe étaient mélangées partout avec les petits quartiers et marchands de trottoirs. La moindre église était entourée de vente de sapins et mini marché de Noël, où on est par hasard tombé sur un petit café où je me souviens avoir pris un chocolat chaud dans une grosse tasse, en terrasse, avec Lulu il y a huit ans, en été ahah.

Dans les vitrines du centre aussi, les moindres pâtisseries présentent des layers cakes de fou (vous savez ces gâteaux hyper hauts de toutes les couleurs, avec des décors de fou dessus?!), j’aurais pu rester de longues minutes à observer ces oeuvres éphémères…

Le samedi, on s’est arrêté à Camden pour le marché matinal. Vu qu’on se levait tôt avec Suzie, on a pu éviter le monde. A dire vrai, peu de boutiques étaient déjà ouvertes, on sentait les préparations de bouffe au loin… On a fait un tour d’une petite heure, avant de se diriger vers Regent Park à pied. On a fait une pause dans un Prêt-à-manger, histoire d’esquiver une averse et le monde qui commençait à arriver pour faire le marché. J’en ai profité pour aller nous acheter des Mince Pies. Une tuerie qui sent bon l’hiver.

Par curiosité on s’est dirigé vers le zoo de Londres, qui se trouve dans Regent park. Le prix exorbitant (40 € par adulte et 18€ par enfant) nous a fait faire demi-tour. On a finalement traversé le parc en rencontrant des petits écureuils pas si farouches (ils nous grimpaient dessus ^^).

Voyant l’horloge tourner, j’avais prévu qu’on s’arrête au musée de Sherlock Holmes…dont la queue sur le trottoir et les nanas repoussant l’hôte d’accueil déguisé d’époque pour faire un selfie nous ont refroidis… Mais pas le restau juste à côté, quasiment vide à midi quand nous y sommes entrés et avons eu la chance de trouver des places au chaud et un staff trop sympa. Je me suis régalée d’un effiloché de porc trop bon, d’un gratin de pommes de terre, de choux de Bruxelles émincés revenus au beurre et d’une petite tourte aux légumes…Avant de finir sur un sticky toffee pudding accompagné d’une boule de glace vanille (qui lui n’a même pas eu le temps d’être pris en photo ahah).

J’ai vraiment aimé ce restau, aussi bien pour les assiettes bien remplies, que le cadre so British et l’équipe trop sympa.

On a marché toute l’après-midi (mine de rien on marchait quand même dix kilomètres par jour) à travers Oxford circus et jusqu’à Holborn pour reprendre le métro et rentrer à l’hotel.

Le dimanche, dernier jour à pouvoir profiter de la ville, nous avons quitté l’hotel à pied et avions décidé de marcher toute la journée afin de pas avoir à recréditer nos Oyster Cards juste avant de partir.

Nous étions à côté du stade West Ham United, dont nous avons fait un peu le tour avant de continuer à travers les chemins longeant une berge où se trouvaient quelques péniches (dont une encore en after LOL), avant de nous retrouver à l’embranchement sans doute de rocades, qu’il fallait traverser pour rejoindre des avenues (le tout était sécurisé bien sûr). Nous avons marché jusque Mile End depuis Stratford, on a bien trotté. La balade n’était pas très funky, on était dans le fin fond de Londres tagué, sale, bruyant, près du métro et des gares. Difficile de trouver un restau ouvert, on a par miracle trouvé un pub super sympa où on a mangé une pièce de boeuf avec des carottes entières rôties, une purée de pommes de terre et un craquelin géant retenait la sauce brune.

On a ensuite repris le chemin direction Bethnal Green pour trouver le Musée de l’enfance (Museum of Childhood). Un endroit gratuit et top où Suzie a pu s’amuser et se défouler un peu avec des jeux adaptés à son âge et avec des petits qui couraient partout et où nous, on a pu découvrir et redécouvrir des jeux anciens, de toutes les époques.

On est rentrés à pied de Bethnal Green jusqu’à l’hotel, on a marché presque deux heures. Il faisait frais mais bon et Suzie éatit bien couverte. Tellement, qu’elle s’endormait sur le dos de papa !


Voilà un peu plus de trois mois que nous sommes rentrés de cette escapade londonienne. Un mélange de sentiments me traversait alors lorsque l’on est rentré : le trop-plein de monde, la sorte de magie qu’on attendait tant et qui n’était pas là (sauf aux studios Harry Potter), le mauvais temps, la fatigue avec les grèves incessantes. Puis j’ai monté ma boîte de relooking de meubles et le blog s’est de nouveau retrouvé mis de côté. Et maintenant le confinement, qui nous permet de nous retrouver, nous qui nous plaignons de ne pas assez profiter de notre foyer, de notre fille et de tout ce qu’on a à faire à la maison, nous voilà servis !

Mais c’est vrai qu’avec un peu de recul, on ne voit plus les choses de la même façon. C’est nous qui changeons et avons l’impression que c’est le reste du monde qui n’est plus le même. Quand on voyage à vingt ans avec un sac à dos pour seul bagage et qu’on peut dormir n’importe où et quand on arrive à trente ans avec bébé dans une grande ville, forcément, les conditions ne sont plus les mêmes, et qu’on le veuille ou non, on doit forcément s’adapter.

Et puis on est quand même partis pas mal l’an dernier. Une fois en Finistère Nord, une fois en Finistère Sud, une fois en Savoie et à Londres en fin d’année ! Ce n’est pas tous les ans qu’on peut faire ça. Cette année on va sûrement repartir un peu quand même, on a la bougeotte…


Pour vous mettre en appétit ou dans l’ambiance , voici quelques idées de séries, films et bouquins à regarder/lire pour vous projeter outre-Manche :

  • Sherlock (avec Benedict Cumberbatch et Martin Freeman)
  • The Crown (série sur le règne de la Reine Elizabeth II d’Angleterre)
  • Peaky Blinders (série sur une bande de criminels des années 30 qui a fait fortune du côté de Birmingham)
  • Luther (série policière courte et superbement joué avec Idris Elba)
  • Life on mars (série policière-fantastique géniale)
  • Mr Selfridge (ou l’histoire du créateur du grand magasin londonien)
  • Outlander (ici, direction l’Ecosse et les pierres magiques (et une histoire d’amour bien sûr ^^))
  • The Tudors (série historique sur Henri VIII)
  • Harry Potter (livres et films)
  • Billy Eliott (pour l’époque Thatcher et l’ambiance minière et industrielle) ou The Full Monty (pour la même époque mais un registre différent ahah)
  • Mister Bean et les Monty Python pour se fendre la poire

Concernant les bouquins, j’ai récemment lu La Prisonnière du temps de Kate Morton, un beau roman fantastique comme je les aime, dont une bonne partie de l’histoire se déroule à Londres.

On ne parle pas de la musique ! Il y en a tellement dans plein de registres différents… J’écoute cependant assez régulièrement Mumford & Sons.

Concernant les recettes, vous pourrez trouver la recette de :


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