Le Finistère sud : 7 jours pour enfiler sa bigoudène et son bignou

Voilà maintenant six ans que je vis en Bretagne, dans le département d’Ille-et-Vilaine.

Grâce aux brocantes à droite et à gauche, on a eu l’occasion de découvrir pas mal de coins, et grâce à de la famille de mon mari, on a eu aussi beaucoup d’occasions de connaître les Côtes d’Armor.

Mais il reste encore deux départements en Bretagne : le Morbihan – réputée être la Côte D’Azur bretonne et le Finistère.

Le Finistère se divise lui-même en deux , le Nord et le Sud (sans compter les îles que l’on peut visiter comme Ouessant, Sein ou Molène).


En février nous sommes allés du côté du Finistère Nord, plus précisément dans les environs de Brest. Cette partie du Finistère est, par la plupart des Brétiliens (nom barbare des habitants d’Ille-et-Vilaine), vue comme moins attractive. Le Finistère Sud est décrit lui comme paradisiaque.

Quoi de mieux que de bouger ses fesses pour se faire sa propre opinion?

A posteriori, j’ai préféré le Finistère Nord. Les endroits les plus beaux étaient en fait assez méconnus des gens, on empruntait des petits chemins, la nature était éclatante et il faut avouer qu’on avait eu meilleur temps en février qu’en mai…! On aurait pu rester au moins une semaine de plus à arpenter les sentiers côtiers.

Cette épisode en Finistère Sud était éprouvant. Nous étions très fatigués, mais voulions couper du quotidien, prendre une bouffée d’air frais, alors nous sommes partis. Et pour être frais, il l’était ce bougre d’air ! Un vent à décorner un bœuf, du crachin venu du Nord , bref, on avait bien fait d’emmener pulls et coupe-vents…. en ce mois de mai !

Je râle, je râle, mais même si j’ai préféré le Nord au Sud (serais-je une Stark?), il y a eu de beaux endroits, de belles trouvailles et rencontres, je l’avoue.


Nous sommes donc partis direction Saint-Nic, sur la presqu’île de Crozon, après que je sois rentrée du travail le dimanche. On est arrivé après la fermeture de l’accueil du camping et on y a trouvé notre enveloppe sur la porte avec notre nom.

Ça m’a rappelé notre arrivée dans notre premier camping au Canada (oui, je prévois un article sur ce voyage fantastique). Je me garde des détails pour le moment, ils sont croustillants comme la peau du méga poulet rôti qu’on s’était acheté et qui nous avait fait 4 jours à deux (au Canada, je précise).

Après avoir vidé la voiture, arrivée au camping oblige, on a mangé, nourri bébé (dans l’autre sens en fait), et on s’est endormi comme un cheval qu’a raté une haie.

Saint-Nic à Camaret

Le lundi, ça soufflait pardi ! Sac à dos à dos et sac à Fufu à dos (pour ceux qui débarquent, Fufu, c’est notre fille), nous v’la partis pour le marché de Saint-Nic… Qui se trouvait en face du camping, sur le parking en face de la mer ! Bon, il n’y avait que cinq ou six marchands, mais franchement, c’était le meilleur marché de la semaine. De bons produits et des gens vraiment sympa.

Suivant notre Guide du Routard, nous sommes allés à Camaret-sur-mer. On s’était déniché une remorque vélo pour bébé avant de partir. On s’est stationné avant de faire un petit tour en vélo avec Suzie dans Camaret pendant trois quart d’heure. C’était vallonné comme endroit mais sans grand intérêt. Un port, et une tour réalisée par Vauban qui valait plusieurs petits bonshommes sur le GDR (Guide du Routard).

La Tour Vauban, à Camaret-sur-mer
En face de la Tour Vauban, des épaves de bateaux stationnées sur le port

Non loin de là, nous nous sommes rendus sur Penhir. Une sorte de cimetière d’ancres accueille les visiteurs, qui les conduisent vers des vieux bunkers construits à flanc de falaises. Historique, certes, mais carrément déprimant. Fou de voir à quel point on a su, très tôt, construire des bâtiments en béton armé pour résister aux bombardements… Dans des écrins de nature aussi beaux. Quoiqu’on puisse penser de tout ça, on pense, forcément, quand on traverse tous ces chemins. Et les pensées s’éparpillent aussitôt et se mettent à flotter au rythme des vagues….

De Camaret à Penhir
Penhir, mémorial de guerre

On avait entendu parler du Cap de la Chèvre. On y est allé, on s’est posé un peu et on a fait tous les trois une sieste dans la voiture avant de partir faire un tour. C’était très beau, l’eau était d’un bleu turquoise, magnifique.

De Camaret au Cap de la chèvre
Sentier menant au Cap de la Chèvre
Cap de la chèvre

Pour rentrer enfin au camping, nous avons fait un crochet sur Crozon (la ville) où on s’est régalé d’une bonne crêpe pour le goûter. Je voulais aller faire un tour dans un salon de thé qui se trouve là-bas, mais il était fermé le lundi. Et comme c’était à trois quart d’heure du camping, nous n’y sommes pas retournés.

Crêperie à Crozon (si, si, Mat a pris une caramel beurre salé + nutella …)

Le retour au camping était reposant, et je me disais, que certains endroits sont faits pour y vivre, et d’autres pour y passer des vacances. C’était un peu mélancolique de penser à ça, je sais, mais quand on part dans un endroit méconnu, on se pose toujours la question « est-ce que je me verrais vivre ici? »

Dans un contexte où je n’aurais pas eu à travailler en entreprise, oui, car il y a des coins paradisiaques, loin de tout, perchés sur une falaise, si j’avais alors un atelier d’artiste où je ne serais pas contrainte de devoir dégager un salaire etc… alors oui, pour une vie paisible, vivre en plein cœur de la nature est idéal.

Seulement on se fait vite rattraper par la réalité, il faut travailler, emmener notre fille à la crèche et avoir des commerces pas trop loin. Alors non, vivre dans le fin-fond du Finistère n’est pas au programme…


Le lendemain, mardi, on s’était prévu d’aller faire un tour dans le Musée vivant des vieux métiers, en pensant pouvoir randonner le matin, faire notre pause déj’ et poursuivre par ce musée, qui n’ouvrait que quelques demi-journées par semaine car ce sont des retraités qui animent le musée. C’était sans compter sur un vent de fou et une température franchement glaciale.

Un vent qui soufflait très fort, glacial

On est parti se balader à la recherche du Menez-Hom, une sorte de colline mystique…Qu’on a eu du mal à trouver mais dans une ambiance bien lointaine de »devant les pierres de Craig-na-doun » dans Outlander (rires).

A peine arrivés, on enfile le porte-Fufu et on se met à tituber à cause du vent, je mets ma grosse écharpe en laine sur bébé en plus du reste… Décidément ça soufflait dur en cette fin mai, et ça nous emmerdait, surtout pour bébé.

Une flopée de panneaux pour touristes avec des légendes à deux balles pour ceux qui pensent encore que tous les bretons sont des druides sur une pauvre colline sans vue particulière, sur laquelle semblait cela dit s’éclater un groupe de modélistes ; ils allaient vérifier que leurs avions télécommandés fabriqués maison fonctionnaient, et c’était quand même cool à regarder, ces vieux enfants à s’émerveiller devant leur oeuvre.

[Bref sinon, contre tourisme : monter tout en haut d’un terril procure beaucoup plus de sensations. Alors, pas de druides mais une bande de gars courageux qu’ont extrait du charbon et créé de l’emploi, fût-un-temps. C’est à Loos-en-Gohelle (entre autres), dans le Pas-de-Calais].

Du coup, on a loupé la visite du musée, forcément, puisqu’on est rentré au mobil-home, où on a apprécié de prendre un bon goûter matinal et d’aller se promener sur la plage, avant de rentrer…manger. Et dormir. DORMIR trois heures car c’est les vacances.

Bon et puis, c’était cool de voir un pâtissier du coin vendre ses kouign-amann en porte à porte au camping. Forcément, j’en ai acheté un. On s’est empiffré de beurre sur deux jours, et là je me suis dit que Weight Watchers allait me faire payer cher cette aventure sulfubeurre.

Et en fin de journée, après le footing de Mat, on est parti faire un tour en vélo avec la back-bike bébé !

Balade sur la plage de Pentrez, pas loin de Saint-Nic, notre point de chute

Le mercredi, c’était direction Quimper. Sans nul doute, une des plus belles journées des vacances.

De Saint-Nic à Quimper

Nous nous sommes garés sur la place de la Tour d’Auvergne et on s’est dirigé vers le « Grand Marché » par la Rue du Chapeau Rouge, très commerçante.

Juste derrière moi se trouvait le marché
En longeant le Steir par la droite on arrivait dans le centre ville de Quimper

On a fait un tour aux Halles (marché couvert à manger), forcément ça donne envie ! Et puis on s’est dirigé vers le Steir, un court d’eau qui traverse Quimper, d’où on aurait dû trouver le Grand Marché…

Décidément, les marchés vivent au rythme des touristes, car en cette fin mai froide et pluvieuse, on a pu voir que 3 marchands.

Nous étions en milieu de matinée, alors on s’est promené dans le vieux Quimper, absolument magnifique ! Un mélange des plus belles vieilles villes, villages pavés à l’architecture prononcée et aux rues escarpées et vallonnées remplies de jolies boutiques d’artisans et de petites crêperies toute mignonnes.

Balade dans le vieux Quimper

Puis l’heure de se remplir le bide arrive toujours vite ! Alors avec bébé, pas trop le temps de faire trois fois le tour de la ville avant de se décider : on s’est fié au Guide du Routard en allant au Steinway, où on a très bien mangé malgré un accueil un peu expéditif, avec un menu bistronomique (dos de cabillaud servi avec une émulsion de st-jacques, une julienne de légumes (champignons, poivrons, courgettes, carottes nouvelles) et un riz basmati en accompagnement – crème brûlée en dessert).

Après tout ça on s’est dirigé vers la faïencerie Henriot (du moins on s’est RE-dirigé suite à une mauvaise lecture du plan de ma part), où on a visité les ateliers, le musée de la faïencerie et la boutique. Le style plaît ou pas, mais le savoir-faire est vraiment incroyable et c’est absolument passionnant d’observer – dans le silence – ces petites mains qui reproduisent les motifs traditionnels sur la faïence depuis des années (on nous explique que chaque nouvelle recrue est formée pendant trois ans aux motifs qu’elle doit connaître par cœur).


Le jeudi matin on s’est dirigé vers Le Faou pour une balade sous la pluie mais à la découverte de beaux petits villages. Un petit repos et nous voilà repartis dans un village des plus typiques, à Locronan, où une fois encore on s’est promené, façon Dinan ou Quimper, dans des ruelles pavées remplies de jolies boutiques et d’ateliers d’artistes (où je me serais bien vu acheter une maison ahah (comme d’hab’)) : pas étonnant que Locronan soit classé Plus beau village de France. On est allé visiter aussi un atelier d’artiste, qu’on a beaucoup aimé : Alain Coadou.

De Saint-Nic au Faou
Le centre du village du Faou : absolument charmant !
Chemin de la journée : Sint-Nic/Le Faou, puis l’après-midi, Saint-Nic/Locronan
Passé le centre de Locronan, qui était bondé ce jour là, nous nous sommes promenés sur les chemins qui encerclent le village
Par cette ruelle on revient au centre de Locronan

Le vendredi on a enfin vu le soleil : c’était parti pour une belle journée de promenades.

On a commencé par se diriger vers la Pointe du Raz (je n’ai malheureusement pas beaucoup de photos car je me suis aperçue en mettant les photos sur le PC qu’il y avait eu une merdouille collée sur mon objectif et qui en a gâché une bonne partie…), c’était absolument magnifique à regarder, on a longé les falaises, et de se dire que loin, loin , loin il y a l’Amérique, c’est magique.

De Saint-Nic à la Pointe du raz
La journée était très belle, il y a un sentier qui longe vraiment le bord de la falaise, les décors sont à couper le souffle…

On a fait une pause déjeuner sur la Baie des Trépassés avant de nous diriger vers Audierne, où on s’est baladé à travers les rues avant de se diriger vers une Petite Cité de Caractère : Pont-Croix, où on a fait un petit tour sur la brocante qu’il y avait sur la place.

De la Pointe du Raz, par la Baie des Trépassés, puis Audierne et enfin Pont-Croix
Vue depuis le port d’Audierne
Balade dans les rues d’Audierne, en hauteur, où on perçoit le port

On a repris la route pour faire escale à Douarnenez, une ville, qui, on le sent, a du vécu commercial et maritime mais devenue ville fantôme hélas… On a eu la chance de trouver malgré tout un endroit absolument charmant : Les filets Bleus, un salon de thé en bord de port de pêche, où on a pris un kouign-amann (spécialité de la ville) et une boule de glace Jampi avec un petit café, la pause trop réconfortante ! Et puis on s’est redirigé vers Pentrez, où on s’est baladé sur la plage après avoir mangé.

De Pont-Croix à Douarnenez, avant de rentrer à Saint-Nic
Brocante à Pont-Croix
Vue depuis Les Filets Bleus, en terrasse, à Douarnenez

Le samedi, dernier jour de vacances, on a eu aussi très beau temps. On est parti faire un tour du côté de Landevennec, très beau petit village de bord de mer, hors du temps.

De Saint-Nic à Landévennec
Maison de bord de mer à Landévennec

Après une semaine passée dans le Finistère sud en cette fin mai deux mille dix neuf, nous voilà plus riches en souvenirs encore, souvenirs qui viennent s’associer à ceux du Finistère nord. Une région sauvage, authentique avec un patrimoine à découvrir absolument, qu’on soit breton ou non … Et d’ailleurs, vous l’aurez constaté, on a bien bougé mais on n’a pas tout vu, loin de là ! Il nous faudrait y retourner… Mince alors ! 😉